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Articles de la CPGE Arts & Design de Toulouse

RIENZI de Richard Wagner

12 Octobre 2012 , Rédigé par Gilles Debrus

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Troisième opéra du compositeur, le seul qui soit à thème proprement politique , cette œuvre de 1840 a le mérite d’avoir toute la fougue de la jeunesse et le génie que l’on retrouvera plus tard dans les grand opéras  wagnériens. Très rarement monté et même renié par le compositeur, Rienzi fait son retour sur les planches françaises qu’il n’avait pas revues depuis  1869 ! Un livret très tourmenté mais surtout  un grand nombre de chanteurs sollicités (plus de 80 choristes sur scène) représentent à eux seul  l’enjeu de cet opéra en 5 actes. Le contexte est celui  de la Rome médiévale terrassée par la querelle des nobles familles (patriciens) au détriment des plébéiens qui voient leurs filles violées  et leurs fils assassinés, seul Rienzi parvient à donner courage au peuple et à constituer la république. Cependant des conflits intestins s’heurteront  aux desseins du héros qui affrontera  les virtualités de la passion amoureuse, la malédiction de l’église ou encore le non discernement de la populace…

 

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La production du Capitole de Toulouse  a proposé une scénographie relativement surprenante. C’est une Rome de taules rouillées, criblées d’impacts de balles et se déplaçant sur des pneus de tracteur qui voit évoluer des personnages  grimés en blanc et vêtus de costumes  qui ne vont pas sans évoquer le totalitarisme. Dans cet espace presque carcéral c’est un univers étrange qui s’expose où les femmes enlevées sont déplacées ficelées  sur des diables, où le tribun prononce ses discours sur un monte-charge et où les cadavres des vaincus sont mis sous sacs de morgue et déplacés en brouette… Le côté martial de l’œuvre est particulièrement mis en avant. Jorge Lavelli, le metteur en scène ,ne méprise en aucun cas cette dimension  :  « Dans Rienzi la musique entraîne le spectateur grâce à des rythmes militaires qui ajoutent encore plus de flammes à la teneur politique de l’ouvrage. » Défilés militaires et uniformes à forte prégnance  visuelle sont autant de marques de ce parti pris. Il ne faudrait pas pour autant nier la part de sentimentalité de cette œuvre, la finesse de l’écriture de Wagner nous aura une fois de plus montré que harangue de combat et déclaration d’amour peuvent se rencontrer au sein d’une même œuvre sans heurt pour le spectateur. On retiendra enfin la performance de Daniela Sindra mezzo-soprano qui nous a interprété un Adriano des plus remarquables.

 

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A l'opéra du Capitole de Toulouse du 30 septembre au 14 octobre 2012.

 

Article proposé par Adrien de Chérade de Montbron

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